À Sikasso, la renaissance du Kouroubi consacre la vitalité du patrimoine culturel local .


Dans le cadre du projet Siguida Nieta, la relance de cette danse traditionnelle emblématique du Kènèdougou illustre l’engagement des autorités et des communautés à préserver et transmettre leur héritage culturel.


Sikasso, 15 mars — Dans un contexte marqué par la consolidation des acquis de l’Année de la Culture 2025, la ville de Sikasso a vibré, ce dimanche, au rythme du Kouroubi, danse traditionnelle emblématique du Kènèdougou, remise à l’honneur par l’Association Kouroubi. Cette célébration, organisée à la veille du 27ᵉ jour du mois sacré de Ramadan, s’inscrit dans une dynamique de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel local.

Il s’agit de la deuxième édition de la relance officielle de cette pratique ancestrale, initiée dans le cadre du projet « Siguida Nieta – Initiatives locales pour la promotion du patrimoine ». Portée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, cette initiative vise à redynamiser les expressions culturelles locales, longtemps fragilisées par les mutations sociales et les interruptions successives.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans l’enceinte du Gouvernorat de Sikasso, où de jeunes filles, encadrées par des femmes aînées, ont exécuté la danse du Kouroubi devant les autorités administratives et politiques de la région. L’événement a enregistré la présence de la gouverneure et de son cabinet, des représentantes de la CAFO, des responsables de la jeunesse régionale ainsi que de plusieurs personnalités locales.

Au-delà de sa dimension festive, la manifestation a également revêtu un caractère mémoriel. Une procession s’est ainsi dirigée vers le cimetière des princes, haut lieu historique du royaume du Kènèdougou, rappelant l’ancrage profond de cette tradition dans l’histoire politique et culturelle de la région.

La soirée s’est poursuivie par une parade rituelle à travers les vestibules des Dougoutigui, figures centrales de l’autorité traditionnelle. Le cortège, amorcé devant le vestibule de la famille Traoré, a parcouru plusieurs sites emblématiques du pouvoir coutumier, réaffirmant la continuité entre héritage ancestral et pratiques contemporaines.

Prenant la parole, les représentants de l’Association Kouroubi et du vestibule ont exprimé leur gratitude envers les autorités nationales, saluant notamment l’appui constant du ministère de tutelle dans la relance de cette tradition. Ils ont souligné l’importance de telles initiatives pour renforcer l’identité culturelle et la cohésion sociale.

Représentant le ministre Mamou Daffé, M. El Hadj Amadou Diop a, pour sa part, félicité les populations de Sikasso pour leur mobilisation et leur contribution au succès de l’Année de la Culture 2025. Il a également annoncé que l’année 2026 sera consacrée à la consolidation des acquis, à travers des réformes structurelles et le développement d’infrastructures culturelles à l’échelle nationale.

En renouant avec le Kouroubi, Sikasso confirme son rôle de pôle culturel majeur et démontre que les traditions, loin d’être figées, constituent un levier essentiel de transmission intergénérationnelle et de valorisation identitaire. Cette relance s’impose ainsi comme un témoignage vivant de la richesse historique du Kènèdougou et de la volonté collective de préserver son héritage.

B SANOGO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *