Un colloque de haut niveau appelle à transformer le devoir de mémoire en levier de résilience et de gouvernance face aux défis contemporain
À l’occasion de la commémoration de la Journée des martyrs de mars 1991, le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a organisé, à la Pyramide du Souvenir, un colloque d’envergure consacré aux enjeux contemporains de la sécurité humaine au Mali. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de valorisation de la mémoire collective, conjuguée à une réflexion prospective sur les défis structurels auxquels le pays est confronté.
Placée sous la présidence du ministre Mamou Daffé, la cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, ainsi que des responsables institutionnels, universitaires et experts nationaux. La diversité des profils présents témoigne de l’importance accordée à une approche transversale des questions de sécurité et de gouvernance.
Organisé autour du thème « Sécurité humaine et recompositions socio-technologiques au Mali : dynamiques, gouvernance et résilience face à la crise post-2012 », le colloque a offert un espace d’analyse approfondie des mutations sociales, politiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres nationaux. Les échanges ont notamment porté sur l’évolution des mécanismes de gouvernance, la transformation des rapports sociaux et l’impact des innovations technologiques sur la cohésion nationale.
Dans son allocution, le ministre Mamou Daffé a rendu un hommage appuyé aux martyrs de mars 1991 ainsi qu’aux victimes des crises récentes. Il a souligné que le devoir de mémoire ne saurait se limiter à une commémoration symbolique, mais doit se traduire par des actions concrètes en faveur de la consolidation de l’État et du renforcement du tissu social. « La mémoire doit être un ferment d’engagement collectif », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de bâtir un Mali souverain, résilient et tourné vers l’avenir.
Les intervenants ont également mis en exergue le rôle stratégique du capital humain dans la gestion des crises et la reconstruction nationale. Selon eux, les ressources intellectuelles et les compétences locales constituent un levier essentiel pour relever les défis sécuritaires et économiques, à condition qu’elles soient pleinement mobilisées et valorisées dans les politiques publiques.
Au-delà des échanges académiques, le colloque s’est voulu un cadre de formulation de recommandations opérationnelles. Les participants ont plaidé pour une meilleure articulation entre mémoire historique, innovation technologique et gouvernance inclusive, afin de renforcer durablement la résilience nationale.
En filigrane, cette rencontre a rappelé que la commémoration des martyrs ne relève pas uniquement du souvenir, mais engage une responsabilité collective : celle de transformer les sacrifices du passé en fondements d’un avenir plus stable et plus juste pour le Mali.
B SANOGO