Lors du premier « Faso Baro Kènè » de l’année 2026, l’artiste et membre du CNT a appelé à une refondation nationale fondée sur l’éducation culturelle, civique et morale.
Le Mémorial dédié à Modibo Keïta a servi de cadre, vendredi 6 mars 2026, à la tenue du premier « Faso Baro Kènè » de l’année. L’événement, animé par l’artiste comédien et membre du Conseil national de transition (CNT) Magma Gabriel Konaté, s’inscrit dans le programme des activités culturelles du mois de mars dont il assure le parrainage pour la période 2026-2027.
La rencontre s’est déroulée en présence du Dr Salia Malé, chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, représentant le ministre Mamou Daffé. Elle intervient dans le contexte de l’« Année de l’Éducation et de la Culture » décrétée par le président de la Transition, Assimi Goïta.
Placée sous le thème « Seko ni Donko : Mali Kura Jósen », la conférence a mis l’accent sur l’importance de l’éducation aux valeurs sociétales dans la construction d’un Mali renouvelé. Les différents intervenants ont souligné que toute transformation durable du pays suppose d’abord une évolution des mentalités et des comportements individuels, reposant sur une meilleure connaissance de l’identité culturelle et des responsabilités citoyennes.
Le Faso Baro Kènè se veut ainsi un espace de dialogue citoyen consacré à l’éducation aux valeurs sociales, à l’histoire et aux traditions maliennes. Selon ses initiateurs, ce cadre d’échanges vise à favoriser la gestion de la diversité culturelle, à encourager l’éveil des consciences et à promouvoir la paix ainsi que le vivre-ensemble. L’initiative ambitionne également de renforcer le sentiment patriotique à travers l’éducation civique, morale et culturelle, notamment auprès de la jeunesse.
Prenant la parole devant les participants, Magma Gabriel Konaté a insisté sur la nécessité d’ériger la culture en fondement du développement national. Pour lui, la consolidation de l’économie et des institutions ne saurait être dissociée d’un ancrage solide dans les valeurs traditionnelles maliennes.

L’artiste a par ailleurs exprimé ses préoccupations face à ce qu’il qualifie de perte progressive de repères culturels, qu’il associe aux influences extérieures issues de l’histoire coloniale et des dynamiques contemporaines de mondialisation. Dans cette perspective, il a plaidé pour une réhabilitation des principes du Maaya et du Danbé, considérés comme des piliers de l’éthique sociale malienne.
Évoquant le rôle de la cellule familiale dans la transmission des valeurs, il a souligné l’importance de l’exemplarité parentale dans l’éducation des enfants. « Celui qui est riche de la culture des autres est pauvre de sa propre culture », a-t-il affirmé, appelant à un réinvestissement collectif dans l’héritage culturel national.
À travers ce premier rendez-vous de l’année, les organisateurs entendent poursuivre la dynamique de sensibilisation et de dialogue autour des valeurs citoyennes, dans la perspective de contribuer à la refondation sociale et culturelle du Mali.
KELETIGUI SANOGO