Réuni à Koulouba sous la présidence du Chef de l’État, le Conseil supérieur de l’Agriculture a défini les orientations stratégiques de la prochaine campagne agricole et annoncé plusieurs mesures de soutien aux producteurs.
Bamako, Le Palais de Koulouba a accueilli, mardi, la 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l’Agriculture (CSA), placée sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État et Président du Conseil supérieur de l’Agriculture. Cette rencontre annuelle, instituée par la Loi d’orientation agricole, a réuni les principaux acteurs du secteur afin d’évaluer les performances de la campagne écoulée et de définir les priorités de la campagne agricole 2026.
Aux côtés du Chef de l’État, ont pris part aux travaux le Premier ministre, plusieurs membres du Gouvernement concernés par les questions agricoles, ainsi que les représentants de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et des organisations professionnelles du monde rural.
Organisée à la veille du lancement officiel de la nouvelle campagne agricole, cette session s’inscrit dans un cadre de dialogue entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur. Elle vise à dresser le bilan des activités agricoles de l’année précédente, à examiner les préoccupations des producteurs et à adopter les orientations nécessaires à l’amélioration des performances du secteur.
Dans son allocution d’ouverture, le Président de la Transition a souligné l’importance de cette instance de concertation, qui permet, selon lui, de partager les préoccupations du monde rural, d’évaluer les résultats enregistrés et de définir les actions futures. Il a également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux des recommandations issues des travaux.
Le Chef de l’État a rendu hommage aux exploitantes et exploitants agricoles pour leur contribution à la résilience du secteur, estimant que leurs efforts constituent un facteur déterminant dans la transformation progressive de l’agriculture malienne.
Réaffirmant la volonté des autorités de faire de l’agriculture un moteur de développement économique, le Général d’Armée Assimi Goïta a indiqué que cette ambition repose notamment sur le développement des chaînes de valeur agricoles à travers les agropoles, en cohérence avec la Vision nationale 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).
Des mesures de soutien annoncées pour la campagne 2026
À l’occasion de cette session, plusieurs mesures destinées à soutenir les producteurs ont été annoncées pour la campagne agricole 2026.
Le prix d’achat subventionné du kilogramme de coton graine de premier choix a été fixé à 300 F CFA. Le sac de 50 kilogrammes d’engrais minéraux bénéficiera d’un prix subventionné de 15 000 F CFA, tandis que celui de l’engrais organique est maintenu à 3 000 F CFA.
Par ailleurs, le kilogramme de semence de maïs hybride est fixé à 1 500 F CFA et celui du biostimulant OVALIS à 17 500 F CFA. Le maintien de l’affectation de 10 % des graines de coton aux huileries agréées destinées à l’alimentation du bétail et des bœufs de labour a également été recommandé.
Des résultats jugés encourageants malgré les difficultés
Prenant la parole au cours des travaux, le ministre de l’Agriculture a estimé que les performances enregistrées lors de la campagne précédente traduisent la capacité de résilience du secteur agricole malien malgré un contexte marqué par plusieurs contraintes.
Selon les résultats provisoires présentés, la production céréalière a atteint 11 452 540 tonnes. Les statistiques font également état de 433 700 tonnes de coton produites, de 157 775 tonnes de viande contrôlée, de 17 238 tonnes de lait collecté et de 122 671 tonnes de poisson.
Les préoccupations du monde rural portées devant les autorités
Intervenant au nom de la profession agricole, le président de l’APCAM, Sanoussy Bouya Sylla, a salué les mesures d’accompagnement mises en œuvre par les autorités au cours des cinq dernières années. Il a notamment cité la sécurisation des terres agricoles de Samanko, la subvention des tracteurs, l’attribution d’un quota de graines de coton aux éleveurs, la détaxation des aliments destinés à l’aviculture et à la pisciculture, la criminalisation du vol de bétail ainsi que l’achat institutionnel de riz auprès des producteurs nationaux.
Tout en reconnaissant ces avancées, il a attiré l’attention sur plusieurs préoccupations persistantes. Parmi celles-ci figurent les difficultés d’approvisionnement en poussins d’un jour pour les aviculteurs, les prévisions d’un hivernage potentiellement déficitaire annoncées par les services météorologiques, ainsi que la nécessité d’opérationnaliser le Fonds national d’appui à l’agriculture afin de faciliter l’accès au financement pour les exploitants.
Une ambition affirmée pour la souveraineté alimentaire
À l’issue de la rencontre, les représentants de la profession agricole ont réaffirmé leur engagement à accompagner la mise en œuvre de la Vision 2063 et de la SNEDD 2024-2033. Ils ont notamment exprimé leur soutien au projet structurant « FARAFINNA JIGINE », présenté comme un levier majeur pour renforcer durablement la sécurité alimentaire du Mali et de la sous-région.
À travers cette 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l’Agriculture, les autorités maliennes réitèrent leur ambition de promouvoir une agriculture moderne, compétitive et résiliente. L’objectif affiché demeure le renforcement de la souveraineté alimentaire, la création de richesses et l’amélioration durable des conditions de vie des populations rurales.
BOUBACAR SANOGO
