Une concertation stratégique visant à consolider les mécanismes de retour volontaire et durable des populations déplacées dans un contexte sahélien marqué par l’instabilité sécuritaire .
La capitale malienne a servi de cadre, ce lundi 13 avril 2026, à l’ouverture de la 14ᵉ réunion de la Commission tripartite réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les travaux se tiennent à l’Hôtel Salam de Bamako et s’inscrivent dans la continuité de la session précédente organisée à Ouagadougou.
Cette rencontre de haut niveau a pour objectif principal de renforcer la coopération entre les parties prenantes en vue de favoriser le rapatriement volontaire, sécurisé et digne des réfugiés maliens vivant au Burkina Faso, ainsi que des réfugiés burkinabè actuellement accueillis au Mali. Elle traduit une volonté commune d’apporter des réponses durables à la problématique des déplacements forcés dans l’espace sahélien.
Selon les données communiquées par le représentant du HCR pour le Mali et le Burkina Faso, le Mali héberge à ce jour plus de 291 000 réfugiés et demandeurs d’asile de diverses nationalités. Parmi eux figurent environ 200 000 ressortissants burkinabè et près de 70 000 Maliens retournés ou en situation assimilée. Dans le même temps, plus de 336 000 Maliens vivent en tant que réfugiés au-delà des frontières nationales. Ces chiffres illustrent à la fois l’ampleur des défis humanitaires et les efforts significatifs consentis par les pays d’accueil.
Prenant la parole au cours de la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général des Affaires étrangères du Burkina Faso a salué une dynamique qu’il a qualifiée de « maturation politique » et de « responsabilité partagée ». Il a souligné l’importance d’une approche concertée, centrée sur les intérêts des populations concernées et fondée sur la solidarité régionale.
Représentant le ministre malien de la Santé et du Développement social, le Dr Abdoulaye Guindo a, pour sa part, exprimé sa reconnaissance envers les autorités burkinabè pour leur engagement constant, ainsi qu’au HCR, à la Croix-Rouge burkinabè et à l’ensemble des organisations humanitaires mobilisées en faveur des réfugiés. Il a ensuite procédé à l’ouverture officielle des travaux.
Cette 14ᵉ session se tient dans un contexte régional marqué par la persistance des crises sécuritaires et humanitaires, à l’origine de déplacements massifs de populations. Face à ces défis, les États concernés, en partenariat avec les organisations internationales, entendent renforcer les mécanismes de coordination afin de garantir des solutions pérennes, respectueuses des droits et de la dignité des réfugiés.
Les conclusions de cette réunion sont attendues comme une étape déterminante dans l’amélioration des dispositifs de rapatriement volontaire et dans la consolidation de la coopération régionale en matière de gestion des crises migratoires.
Lanceny Ballo
