Gestion des déplacements forcés : le Mali présente ses avancées et ses défis à la 77ᵉ session du Comité exécutif du HCR
À Genève, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly a mis en avant les progrès réalisés dans la protection des réfugiés, des personnes déplacées internes et des rapatriés, tout en soulignant l’ampleur des besoins humanitaires et la nécessité de solutions durables.
Le Mali prend part à la 77ᵉ session du Comité exécutif du Programme du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui se tient du 12 au 16 octobre 2026 à Genève, en Suisse. À la tête d’une importante délégation malienne, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, a présenté, le lundi 12 octobre, les progrès enregistrés par le pays dans la gestion des déplacements forcés, ainsi que les défis qui demeurent.
À cette tribune internationale, le chef de la délégation malienne a exposé les efforts déployés par les autorités nationales pour renforcer la protection des réfugiés, des demandeurs d’asile, des personnes déplacées internes et des Maliens de retour dans leur pays. Son intervention a également permis de mettre en lumière les perspectives envisagées pour améliorer la prise en charge des populations concernées et consolider les mécanismes de protection.
Parmi les avancées mises en exergue figure le partenariat entre le Mali et le HCR, notamment dans les domaines du rapatriement volontaire, de la prise en charge des réfugiés et des demandeurs d’asile, ainsi que de la réintégration socioéconomique des ressortissants maliens de retour au pays.
Ces actions s’inscrivent dans la recherche de réponses adaptées aux besoins des populations affectées par les déplacements forcés. Elles soulignent également l’importance de renforcer la coopération entre les autorités nationales et les partenaires humanitaires afin de favoriser des conditions de vie dignes et des perspectives durables pour les personnes concernées.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur les avancées enregistrées dans le renforcement du cadre juridique national relatif à la protection des personnes en situation de vulnérabilité.
Sur le plan législatif et institutionnel, l’adoption, en 2024, de la loi relative au statut de l’apatride constitue une étape importante dans l’évolution du dispositif national de protection. Cette avancée a été accompagnée par la mise en place de la Commission nationale chargée des apatrides.
La validation du guide de procédure d’éligibilité au statut d’apatride vient compléter ces mesures. Elle contribue à la consolidation du cadre de référence destiné à encadrer l’examen des situations concernées.
Ces acquis témoignent de la volonté affichée par le Mali de renforcer ses instruments juridiques et institutionnels en matière de protection, conformément aux enjeux liés aux déplacements forcés et à la prévention de l’apatridie.
Les données arrêtées au 30 septembre 2026 illustrent toutefois l’importance des besoins auxquels le pays et ses partenaires doivent faire face. Selon les chiffres communiqués, le Mali accueille 322 584 réfugiés et demandeurs d’asile, tandis que 414 524 personnes déplacées internes sont recensées sur son territoire. Le nombre de personnes rapatriées s’élève, quant à lui, à 90 648.
À ces chiffres s’ajoutent 343 091 réfugiés maliens vivant dans les pays d’asile. Ces données mettent en évidence la dimension nationale et régionale de la problématique, ainsi que la nécessité de maintenir les efforts en faveur de la protection, de l’assistance humanitaire et de la réintégration des populations concernées.
Face à ces défis, la mobilisation des partenaires et la recherche de solutions adaptées demeurent essentielles pour répondre aux besoins des personnes affectées, dans le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Genève, une tribune pour porter les priorités du Mali
À travers sa participation à cette 77ᵉ session du Comité exécutif du HCR, le Mali entend faire valoir les progrès accomplis, partager les difficultés rencontrées et contribuer aux réflexions internationales sur les réponses à apporter aux déplacements forcés.
Au-delà de la présentation des acquis, cette rencontre constitue une occasion de réaffirmer l’importance de la coopération internationale et de la solidarité entre les États face aux défis humanitaires. La protection des personnes déplacées, l’accompagnement des réfugiés et la réintégration des rapatriés restent, à cet égard, des priorités qui appellent des réponses concertées et durables.
À Genève, la délégation malienne porte ainsi un plaidoyer axé sur la protection des populations affectées, la préservation de leur dignité et la recherche de solutions pérennes, dans un contexte où l’ampleur des déplacements impose de poursuivre et de renforcer les efforts engagés.
BOUBACAR SANOGO
