L’OCLEI renforce les capacités des référents déontologues pour consolider la prévention de la corruption .

Une session de formation de trois jours vise à renforcer la maîtrise du cadre juridique et à promouvoir une culture durable de l’intégrité au sein de l’administration publique malienne .

Bamako, L’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI) poursuit le renforcement du dispositif national de prévention de la corruption et de l’enrichissement illicite. Dans cette dynamique, l’institution a organisé, du 13 au 15 juillet 2026, une session de formation destinée à 200 référents déontologues, répartis par cohortes, issus des départements ministériels, des services centraux, des institutions de contrôle et des administrations publiques.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du programme de renforcement des capacités engagé en 2025 avec l’appui du Projet d’appui à la gouvernance (PASG), financé par la Banque africaine de développement (BAD). Ce programme avait permis de constituer un premier réseau de référents déontologues. La nouvelle session vise à consolider leurs acquis en approfondissant leur connaissance des instruments juridiques nationaux et internationaux de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, tout en renforçant leur rôle dans la promotion de l’éthique publique.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du président de l’OCLEI, M. Seïdina Oumar Diarra, membre du Conseil de l’institution, a rappelé la place stratégique des référents déontologues dans le dispositif national de prévention. Selon lui, ces derniers ne sont ni des organes de contrôle ni des autorités disciplinaires, mais des conseillers chargés d’accompagner les agents publics dans l’application des principes d’éthique, de probité, de transparence et de redevabilité.

Il a souligné que leur mission consiste à favoriser l’adoption de bonnes pratiques administratives et à prévenir les comportements susceptibles de porter atteinte aux règles de bonne gouvernance. À cet égard, il a invité les participants à mettre pleinement à profit cette session afin de devenir, au sein de leurs structures respectives, de véritables relais de la culture de l’intégrité.

Une formation centrée sur les fondements juridiques

Les deux premières journées ont été consacrées à l’étude du cadre juridique de la lutte contre la corruption. Les communications, animées par Djibril Kane, ont porté sur les principaux instruments internationaux et régionaux, notamment les conventions des Nations Unies, de l’Union africaine, de la CEDEAO et de l’UEMOA relatives à la prévention et à la répression de la corruption.

Les participants ont également examiné le dispositif juridique national, à travers les textes législatifs encadrant la prévention, le contrôle et la répression de la corruption et de l’enrichissement illicite, ainsi que les missions des différentes institutions concernées. Les échanges ont abordé plusieurs thématiques, notamment la coopération internationale, le blanchiment de capitaux, la protection des lanceurs d’alerte et la complémentarité entre les organes nationaux de gouvernance.

La deuxième journée a été marquée par l’intervention du Pr Mahamane Coulibaly, qui a présenté la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) ainsi que la loi de 2014 relative à la prévention et à la répression de l’enrichissement illicite. Son exposé a mis en avant les principes de bonne gouvernance, de transparence, de probité et de redevabilité qui fondent l’action publique, tout en revenant sur les quatre axes stratégiques de la SNLCC et sur le rôle déterminant de la déclaration de biens dans la prévention de l’enrichissement illicite.

Consolider un réseau d’ambassadeurs de l’intégrité

À travers cette session de renforcement des capacités, l’OCLEI entend consolider un réseau de référents déontologues en mesure de diffuser, au quotidien, les valeurs d’intégrité, de transparence et de responsabilité au sein de l’administration publique malienne.

En privilégiant l’approche préventive, l’institution réaffirme sa conviction que la promotion de l’éthique publique constitue l’un des leviers les plus efficaces et les plus durables pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite. Le renforcement des compétences des référents déontologues s’inscrit ainsi dans une stratégie globale visant à favoriser une gouvernance publique fondée sur la responsabilité, la redevabilité et le respect de l’intérêt général.

DIANGO SANOGO

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