Refondation éducative au Mali : le gouvernement trace les lignes d’un système au service de la souveraineté .



À Bamako, devant la jeunesse de l’École de la Citoyenneté, les ministres Amadou Sy Savane et Boureima Kansaye exposent une vision articulée autour du mérite, de la qualité et de l’innovation scientifique.

Dans l’enceinte du Palais des Pionniers, la 5ᵉ cohorte de l’École de la Citoyenneté a été le théâtre, ce lundi, d’une séquence à forte portée institutionnelle. Sous la modération du ministre en charge de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, deux membres du gouvernement ont successivement présenté les orientations stratégiques appelées à redéfinir le système éducatif malien, dans un contexte marqué par la volonté affirmée de refondation nationale.

Prenant la parole en ouverture, le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savane, a posé un diagnostic sans détour, qualifiant l’éducation de « levier stratégique central » dans le processus de transformation du pays. Selon lui, cette refondation repose sur trois axes majeurs : la consolidation des valeurs civiques et éthiques, l’amélioration de la qualité des apprentissages et le renforcement du cadre scolaire.

Dans cette dynamique, le ministre a annoncé un durcissement des mesures de lutte contre les pratiques frauduleuses, notamment lors des examens. « La fin de l’impunité est décrétée », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de restaurer une culture du mérite. Il a également rappelé que la période 2026-2027 a été proclamée « Année de l’Éducation et de la Culture » par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, une initiative visant à faire du secteur éducatif une priorité nationale.

« Notre objectif est de former des citoyens compétents, intègres et pleinement engagés au service de l’État », a-t-il poursuivi, mettant en avant l’importance du recrutement et de la formation continue des enseignants comme piliers de cette ambition.

En seconde intervention, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Boureima Kansaye, a inscrit son propos dans une perspective historique. Revenant sur les premières années de l’indépendance, il a rappelé qu’en 1960, le Mali ne disposait d’aucune université, avant de saluer les réformes structurantes engagées dès 1962 sous la présidence de Modibo Keïta, à l’origine de la création d’institutions majeures telles que l’ENA, l’ENSup, l’ENI et l’IPR.

Aujourd’hui, a-t-il souligné, le paysage de l’enseignement supérieur s’est considérablement élargi, avec dix universités publiques réparties sur le territoire national, plus de deux cents établissements privés et des centres de recherche de référence, à l’image de l’Institut Ahmed Baba de Tombouctou.

Au-delà de cette expansion quantitative, le ministre a insisté sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse et d’une recherche scientifique orientée vers l’innovation et les besoins du marché. Il a notamment évoqué le rôle structurant des deux écoles doctorales nationales — ED-DESSLA-Mali et l’École Doctorale des Sciences et des Technologies du Mali (EDSTM) — dans la formation de compétences adaptées aux défis contemporains.

Cette rencontre a également mis en lumière la complémentarité entre les deux départements ministériels, traduisant une volonté d’articuler étroitement l’éducation de base et l’enseignement supérieur. Là où le premier s’attache à bâtir les fondements du citoyen, le second entend approfondir les compétences et encourager la production scientifique.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de la place centrale de l’éducation dans la construction d’un État souverain et durable. Face à un auditoire composé de jeunes issus du Mali et de l’Alliance des États du Sahel, les autorités ont affiché une ambition claire : faire de l’école et de l’université les piliers d’un développement maîtrisé et d’une citoyenneté renouvelée.

La Redaction

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