Rencontres de Bamako : la 15ᵉ Biennale africaine de la photographie officiellement lancée .

Placée sous le thème « Refabulation », l’édition 2026-2027 ambitionne de réinventer les récits africains à travers l’image et de renforcer le rayonnement culturel du Mali sur la scène internationale.

La Maison africaine de la photographie a servi de cadre, jeudi 14 mai 2026, à la cérémonie officielle de lancement de la 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako Biennale africaine de la photographie. Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, la rencontre a réuni plusieurs personnalités du monde culturel, diplomatique et artistique, parmi lesquelles la commissaire générale Armelle Dakouo, le délégué général El Hadj Amadou Diop, ainsi que le directeur de la Maison africaine de la photographie, Tidiane Sangaré.

Prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, cette nouvelle édition comprendra également une semaine professionnelle organisée du 26 novembre au 2 décembre. Elle se déroulera sous le thème « Refabulation », une orientation artistique qui entend questionner les représentations dominantes et promouvoir de nouveaux imaginaires africains à travers la photographie contemporaine.

Inscrite dans le cadre de l’Année de l’éducation et de la culture 2026-2027, décrétée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, cette biennale entend faire de la photographie un espace de mémoire, de réflexion et de liberté créative.

Dans son intervention, la commissaire générale, Armelle Dakouo, a expliqué que le concept de « Refabulation » s’inspire notamment de la pensée de l’écrivain nigérian Chinua Achebe. Selon elle, cette approche constitue à la fois un acte de résistance culturelle et une démarche de création artistique permettant aux artistes africains, afrodescendants et issus des diasporas de réinventer leurs propres récits.

« La photographie devient ainsi une puissance narrative capable de transformer les perceptions et d’ouvrir de nouvelles perspectives collectives », a-t-elle souligné.

Prenant la parole à son tour, le ministre Mamou Daffé a insisté sur la portée symbolique et sociale de la photographie. Il a rappelé que cet art ne se limite pas à la captation d’images, mais constitue également « une écriture du réel », une mémoire vivante et un témoignage des mutations contemporaines des sociétés africaines.

Le ministre a également salué le rôle des artistes dans la construction d’une nouvelle vision de l’Afrique et du Mali, à travers des œuvres capables de nourrir le dialogue culturel et de renforcer la conscience collective.

Créées en 1994, les Rencontres de Bamako se sont progressivement imposées comme l’un des plus importants rendez-vous internationaux dédiés à la photographie africaine contemporaine. La biennale a notamment contribué à la reconnaissance mondiale de figures emblématiques telles que Seydou Keïta et Malick Sidibé.

Durant deux mois, la capitale malienne accueillera expositions, résidences artistiques, performances et créations numériques, transformant Bamako en un véritable carrefour international des arts visuels. Les organisateurs ont, à cet effet, lancé un appel à projets afin d’encourager une large participation des créateurs et de favoriser la diversité des expressions artistiques.

À travers cette 15ᵉ édition, les autorités culturelles et les organisateurs ambitionnent non seulement de consolider la souveraineté culturelle du Mali, mais également de renforcer le positionnement de Bamako comme une plateforme majeure de dialogue artistique et intellectuel sur le continent africain.

Boubacar Sanogo

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