Surveillance épidémiologique, régulation pharmaceutique et accès aux produits de santé au cœur de la deuxième année confédérale
Ouagadougou, 14 août 2026. Les experts du secteur de la santé de la Confédération des États du Sahel (AES) ont achevé leurs travaux à Ouagadougou en arrêtant les principales orientations devant guider l’action sanitaire commune au cours de la deuxième année confédérale. La rencontre a également permis de préciser le cadre de travail des équipes techniques chargées de préparer les différents livrables de cette nouvelle phase.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de la Médecin Colonel-Major Assa Badiallo TOURÉ, ministre malienne de la Santé et du Développement social. Dans son intervention, la responsable gouvernementale a salué l’engagement des dirigeants des trois États membres de l’AES en faveur d’une coopération renforcée dans les domaines stratégiques, notamment celui de la santé.
Elle a rappelé que la dynamique confédérale, engagée le 16 septembre 2023, s’inscrit dans une vision commune résumée par la devise : « Un Espace, Un Peuple, Un Destin ».
Trois axes retenus
Les travaux ont fait ressortir trois domaines prioritaires pour la deuxième année confédérale : la surveillance et la réponse aux urgences sanitaires, la régulation pharmaceutique ainsi que l’accès aux produits de santé.
Sur le premier volet, l’accent a été mis sur la nécessité d’améliorer la coordination entre les pays face aux épidémies et autres situations d’urgence sanitaire. L’objectif consiste notamment à renforcer les capacités de détection précoce, d’alerte et de riposte, particulièrement dans les zones frontalières où la circulation des populations peut favoriser la propagation rapide de certaines maladies.
La régulation pharmaceutique constitue le deuxième chantier identifié. Les experts entendent travailler à une meilleure harmonisation des cadres réglementaires afin de faciliter la coopération entre les structures compétentes des trois pays et de renforcer la sécurité et la disponibilité des produits pharmaceutiques.
Le troisième axe concerne l’accès aux produits de santé. Dans ce domaine, la mutualisation des efforts apparaît comme une piste privilégiée, notamment pour soutenir la production locale de médicaments et améliorer l’efficacité des mécanismes d’approvisionnement et des centrales d’achat.
La santé au cœur de la souveraineté
Pour les autorités sanitaires de l’AES, le renforcement des systèmes de santé dépasse la seule question de la prise en charge médicale. Il participe également à la consolidation de la souveraineté des États et constitue un facteur déterminant du développement socio-économique.
« Il nous faut développer des stratégies afin que nos capacités nous permettent de détecter précocement les maladies et événements de santé publique et de riposter vigoureusement pour maintenir l’état de santé de nos populations », a déclaré la ministre malienne.
Cette orientation traduit la volonté affichée par les pays de l’AES de renforcer leurs capacités nationales et collectives face aux défis sanitaires, tout en privilégiant une approche fondée sur la coopération et la mise en commun des compétences.
Des échanges bilatéraux sur les politiques sociales
En marge de la cérémonie, la Médecin Colonel-Major Assa Badiallo TOURÉ a effectué une visite de courtoisie auprès de son homologue burkinabè, le Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU.
Les échanges ont notamment porté sur les politiques publiques de santé mises en œuvre dans les deux pays. Le ministre burkinabè a salué les efforts engagés au Mali en matière de renforcement des infrastructures sanitaires, évoquant notamment la construction annoncée de 15 hôpitaux.
Les deux responsables ont également abordé plusieurs dispositifs sociaux et sanitaires, parmi lesquels l’assurance maladie universelle, la gratuité ciblée des soins et la prise en charge des personnes vulnérables, notamment les pupilles et les blessés de guerre.
À travers ces différents chantiers, les autorités sanitaires des pays de l’AES entendent inscrire la coopération régionale dans une démarche davantage opérationnelle, avec pour perspective de renforcer la résilience des systèmes de santé et, à terme, l’accès des populations à des soins et à des produits de santé de qualité.
DS
