À l’occasion de la 13ᵉ Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, le Gouvernement malien met l’accent sur la vigilance face aux nouvelles formes de recrutement et d’exploitation, notamment sur les plateformes numériques.
Bamako; Le Mali entend intensifier ses efforts dans la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de protection des victimes. Cet engagement a été réaffirmé jeudi au Maeva Palace, à Bamako, lors de la cérémonie de clôture de la 13ᵉ édition de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, couplée au cinquième anniversaire du projet COMPASS, mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec le financement du Royaume des Pays-Bas.
La cérémonie a été coprésidée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Boureima Kansaye, en présence de représentants des institutions nationales, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et du secteur des médias.
Placée sous le thème « Pièges derrière l’arnaque », cette édition a notamment permis d’attirer l’attention sur la transformation des modes opératoires utilisés par les réseaux de traite. Les fausses offres d’emploi, les promesses trompeuses et l’utilisation des outils numériques constituent désormais autant de moyens susceptibles de faciliter le recrutement et l’exploitation de personnes vulnérables.
La vigilance au cœur de la prévention
Dans son intervention, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a appelé la jeunesse à faire preuve de vigilance face aux propositions susceptibles de dissimuler des réseaux d’exploitation. Il a également invité les familles à renforcer leur attention à l’égard des enfants et des personnes vulnérables.
Le Garde des Sceaux a, par ailleurs, souligné l’importance du rôle des médias dans cette lutte. Informer, sensibiliser, alerter et contribuer à la dénonciation des pratiques criminelles constituent, selon lui, des leviers essentiels pour prévenir la traite et favoriser une meilleure protection des victimes.
Cette approche place ainsi la prévention au cœur de la réponse nationale, dans un contexte où les réseaux criminels adaptent continuellement leurs stratégies aux nouveaux moyens de communication.
Cinq années d’action avec le projet COMPASS
Le cinquième anniversaire du projet COMPASS a également constitué l’un des temps forts de la cérémonie. Mis en œuvre par l’OIM avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, le projet a contribué, au cours de ces cinq dernières années, au renforcement des capacités des institutions concernées, à l’amélioration de la coordination entre les différents acteurs ainsi qu’au développement de mécanismes de prévention et de protection adaptés au contexte malien.
Pour les autorités, ces acquis constituent une base sur laquelle il convient désormais de s’appuyer afin de consolider une réponse durable face à un phénomène qui porte atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité humaine.
L’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, Erik De Feijjter, a salué les efforts engagés par le Mali et réaffirmé la disponibilité de son pays à soutenir les initiatives visant à prévenir la traite des personnes, renforcer les capacités nationales et protéger les populations vulnérables.
De son côté, Sara El-Koundi, représentante chargée de la protection à l’OIM Mali, a renouvelé la disponibilité de l’Organisation à poursuivre son accompagnement auprès des acteurs maliens. Elle a insisté sur la nécessité d’adapter en permanence les réponses apportées, compte tenu de l’évolution des stratégies employées par les réseaux criminels.
La reconnaissance des partenaires et des acteurs engagés
Le ministre Mamoudou Kassogué a exprimé la reconnaissance du Gouvernement à l’endroit du Royaume des Pays-Bas, de l’OIM, des partenaires techniques et financiers ainsi que du Comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées.
La cérémonie a également été marquée par la remise du Prix feu Boubacar Touré, attribué à l’Association pour la Promotion des Initiatives de Développement (APID), en reconnaissance de son engagement dans le domaine concerné.
Le concours destiné aux étudiants en journalisme a, pour sa part, distingué plusieurs jeunes talents dans différentes catégories. Mariam Aboubacar a remporté le prix dans la catégorie Télévision et MOJO, Moussa Cissé dans la catégorie Radio et Bagna Maïga dans la catégorie Presse écrite et en ligne.
Une réponse fondée sur quatre priorités
À travers cette mobilisation, les autorités maliennes entendent inscrire la lutte contre la traite des personnes dans une démarche articulée autour de quatre priorités : prévenir, protéger, poursuivre et coopérer.
Une orientation qui prend en compte le caractère transnational de cette criminalité et la capacité des réseaux à renouveler leurs méthodes de recrutement et d’exploitation. Face à ces évolutions, la coordination entre les pouvoirs publics, les organisations internationales, la société civile, les médias et les communautés apparaît comme un élément déterminant.
Au-delà des engagements institutionnels, la lutte contre la traite des personnes repose ainsi sur une vigilance collective et sur la capacité à protéger les personnes vulnérables, à identifier les situations à risque et à renforcer les mécanismes de prise en charge des victimes. Pour le Mali, l’enjeu est désormais de consolider les acquis enregistrés et de maintenir, dans la durée, une réponse centrée sur la protection des droits et de la dignité humaine.
LA/REDACTION
