Décentralisation au Mali : 433 milliards de FCFA mobilisés en 2026 pour les Collectivités territoriales
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a présidé, le jeudi 8 octobre, l’ouverture d’un atelier national consacré à l’appropriation des décrets de transfert de compétences de l’État aux Collectivités territoriales et à la Gestion axée sur les résultats.
La décentralisation et l’amélioration de la gouvernance locale étaient au cœur de l’atelier national d’appropriation des décrets de transfert de compétences de l’État aux Collectivités territoriales et sur la Gestion axée sur les résultats (GARE), ouvert le jeudi 8 octobre 2026 sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly.
Organisée du 7 au 9 octobre, cette rencontre vise à renforcer les capacités des acteurs territoriaux dans la compréhension des textes réglementaires encadrant les compétences transférées, afin de favoriser leur mise en œuvre effective au bénéfice des populations.
À l’ouverture des travaux, le ministre a rappelé que la décentralisation constitue un choix politique majeur des plus hautes autorités du pays, sous le leadership du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Cette orientation traduit la volonté de renforcer la gouvernance de proximité et de faire des Collectivités territoriales des acteurs essentiels du développement local.
L’importance accordée à cette politique se reflète également dans les ressources budgétaires mobilisées. Selon les chiffres communiqués à cette occasion, environ 433 milliards de FCFA, soit 15,84 % des ressources budgétaires de l’État, sont alloués aux Collectivités territoriales au titre de l’année 2026. Une enveloppe qui souligne l’enjeu de la gestion des ressources publiques et la nécessité de garantir leur utilisation efficace au profit des communautés.
Au-delà du transfert des compétences et des moyens financiers, le ministre a insisté sur les exigences de bonne gouvernance qui doivent accompagner le processus de décentralisation. Il a notamment mis l’accent sur la transparence dans la gestion des ressources, la qualité du service public local et l’exercice responsable des compétences dévolues aux collectivités.
La participation citoyenne figure également parmi les priorités évoquées. Le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly a souligné la nécessité d’associer davantage les femmes, les jeunes et l’ensemble des populations aux mécanismes de gouvernance locale. Cette implication est présentée comme un facteur essentiel pour renforcer la légitimité des décisions publiques et mieux adapter les interventions aux besoins des communautés.
Le ministre a, par ailleurs, appelé à accélérer la digitalisation des services administratifs et à consolider la redevabilité des responsables locaux et régionaux. Ces orientations visent à améliorer le fonctionnement des administrations territoriales, à faciliter l’accès des citoyens aux services publics et à renforcer le suivi des actions engagées.
Prenant la parole, le président de l’Association des Régions du Mali a exprimé sa satisfaction d’accueillir le ministre. Il a notamment relevé que l’Association n’avait pas reçu de visite ministérielle depuis 2013, un témoignage qui confère une dimension particulière à cette rencontre entre le département en charge de l’Administration territoriale et les représentants des collectivités régionales.
Cette prise de contact constitue ainsi une occasion de consolider le dialogue entre les autorités nationales et les acteurs territoriaux, dans un contexte où l’efficacité de la décentralisation dépend aussi de la coordination entre les différents échelons de gouvernance.
En clôturant son intervention, le ministre a exhorté les participants à privilégier des échanges constructifs et des propositions concrètes, afin de faire des compétences transférées un véritable levier d’amélioration des services sociaux de base et de développement équilibré des territoires.
À travers cet atelier, les autorités entendent ainsi renforcer l’appropriation des textes et promouvoir une gestion davantage axée sur les résultats. L’enjeu est de traduire les orientations nationales en réalisations tangibles pour les populations, conformément à la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 », qui inscrit le développement du pays dans une perspective de long terme.
BOUBACAR SANOGO
